Un nouveau test détecte neuf inhibiteurs de croissance musculaire améliorant les performances chez les athlètes
Des scientifiques développent une méthode de dépistage complète pour les médicaments dopants interdits favorisant la prise de muscle en bloquant les inhibiteurs naturels de croissance.
Résumé
Des chercheurs ont mis au point un nouveau test de laboratoire capable de détecter neuf substances dopantes interdites, appelées IASPs (inhibiteurs des voies de signalisation des récepteurs de l'activine), dans des échantillons de sang et d'urine d'athlètes. Ces substances agissent en bloquant les protéines naturelles qui limitent la croissance musculaire et la production de globules rouges. Le test repose sur une spectrométrie de masse avancée et permet de détecter ces substances à des concentrations très faibles (10-50 ng/mL) jusqu'à 70 jours après leur utilisation. Cette avancée aide les agences antidopage à identifier les athlètes ayant recours à ces nouvelles substances de renforcement musculaire.
Résumé détaillé
Les scientifiques antidopage ont mis au point une méthode de dépistage complète permettant de détecter neuf substances dopantes différentes qui agissent sur les voies de régulation de la croissance musculaire. Ces substances, appelées inhibiteurs des voies de signalisation des récepteurs de l'activine (IASPs), agissent en bloquant des protéines naturelles comme la myostatine et l'activine A, qui limitent normalement le développement musculaire et la production de globules rouges.
L'équipe de recherche a créé un test unique capable de détecter simultanément des anticorps thérapeutiques (Garetosmab, Stamulumab, Landogrozumab, Domagrozumab, Apitegromab) et des protéines de fusion (Sotatercept, Elritercept, Luspatercept, Ramatercept) dans des échantillons de sang et d'urine. La méthode utilise des billes magnétiques pour capturer les substances, suivie d'une digestion des protéines et d'une analyse par spectrométrie de masse à haute résolution.
Les études de validation ont montré que le test est capable de détecter ces substances à des concentrations aussi faibles que 10 à 50 ng/mL. Lors de tests en conditions réelles, le Luspatercept est resté détectable dans le sang et l'urine jusqu'à 70 jours après la dose initiale et 7 semaines après une seconde dose. Le Sotatercept a été identifié avec succès dans un échantillon de sang prélevé 43 heures après l'injection.
Ces substances suscitent des préoccupations particulières quant à l'intégrité sportive, car elles peuvent améliorer sensiblement les performances athlétiques en favorisant la croissance musculaire et en augmentant la capacité de transport de l'oxygène grâce à une production accrue de globules rouges. Plusieurs d'entre elles sont déjà approuvées pour le traitement des maladies entraînant une fonte musculaire et des anémies, ce qui les rend potentiellement accessibles à des fins de détournement.
Cette nouvelle méthode de détection comble une lacune importante dans les contrôles antidopage, ces substances émergentes étant jusqu'alors difficiles à dépister de manière exhaustive. Le test peut être mis en œuvre dans les laboratoires de contrôle du dopage de routine en tant que procédure de dépistage initial, contribuant ainsi à préserver l'équité dans le sport.
Principales conclusions
- Successfully detected 9 different IASPs simultaneously with detection limits of 10-50 ng/mL in blood samples
- Luspatercept remained detectable in blood for up to 70 days after initial dose and 7 weeks after second dose
- Luspatercept was detectable in urine samples for up to 70 days post-administration
- Sotatercept was successfully identified in blood sample collected 43 hours after injection
- Method showed 100% specificity with no false positives in validation testing across 10 healthy volunteers
- Detection window extends significantly longer than typical performance-enhancing drugs
- Single test can screen for both therapeutic antibodies and fusion protein drug classes
Méthodologie
L'étude a utilisé la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem à haute résolution (LC-HRMS/MS) avec une purification par immunoaffinité utilisant des billes magnétiques. La validation a inclus 10 volontaires sains (5 hommes, 5 femmes) pour les échantillons témoins. Les échantillons post-administration provenaient de 4 volontaires ayant reçu du Luspatercept (0.25 mg/kg) et d'1 patient ayant reçu du Sotatercept (0.5 mg/kg). La méthode a utilisé une digestion trypsique et un suivi de réactions multiples pour la détection de peptides spécifiques.
Limites de l'étude
L'étude était limitée par la petite taille des échantillons pour les tests post-administration (4 volontaires pour le Luspatercept, 1 pour le Sotatercept). La méthode nécessite un équipement spécialisé et une expertise qui ne sont pas disponibles dans tous les laboratoires. Les auteurs ont noté que les étalons de référence pour certains composés peuvent ne pas être facilement accessibles à tous les établissements de test. L'étude portait sur la détection plutôt que sur la quantification, ce qui limite la compréhension de la relation dose-réponse.
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