Les APEDs, et non les protéines, sont à l'origine de l'hypertrophie des organes chez les culturistes
Une étude IRM révèle que les bodybuilders utilisant des APED présentent un élargissement spectaculaire du cœur et du foie — les bodybuilders naturels ne montrent aucun effet similaire malgré un apport élevé en protéines.
Résumé
Une nouvelle étude par IRM de l'Université de Maastricht a comparé les volumes d'organes chez des culturistes naturels, des culturistes utilisant des substances dopantes, et des sportifs pratiquant une activité physique récréative. Les culturistes naturels consommaient environ deux fois plus de protéines que les sujets témoins, sans présenter de différence dans la taille de leurs organes viscéraux. En revanche, les culturistes utilisant des APED avaient un cœur en moyenne 44 % plus grand et un foie en moyenne 43 % plus grand que les témoins. Ces résultats remettent directement en question l'idée selon laquelle des régimes riches en protéines entraîneraient une hypertrophie des organes, pointant au contraire clairement vers les substances améliorant la performance — notamment les stéroïdes anabolisants, l'hormone de croissance et l'insuline — comme étant responsables des abdomen distendus observés chez les culturistes de compétition de haut niveau. Ces conclusions ont des implications importantes pour les cliniciens qui évaluent des athlètes, ainsi que pour les messages de santé publique relatifs à la sécurité d'une consommation élevée de protéines.
Résumé détaillé
Le phénomène de viscéromégalie — élargissement anormal des organes internes — est devenu visuellement marquant dans le culturisme de compétition, mais sa cause est restée débattue. Deux suspects principaux ont été identifiés : un apport élevé en protéines et l'utilisation de substances améliorant l'apparence et les performances (APEDs). Cette étude visait à démêler ces facteurs à l'aide de données d'imagerie objectives.
Des chercheurs de l'Université de Maastricht ont recruté 45 hommes répartis en trois groupes : 15 sujets témoins pratiquant une activité récréative, 15 culturistes naturels de compétition et 15 culturistes de compétition utilisant des APEDs. Tous ont subi une IRM pour mesurer les volumes de masse musculaire squelettique et d'organes viscéraux, des examens DEXA pour la masse maigre, et ont rempli des journaux alimentaires sur 7 jours. Ce protocole permettait une comparaison directe entre des groupes présentant une intensité d'entraînement similaire, mais différant par leur consommation de drogues et leur apport en protéines.
Les résultats étaient frappants. Les culturistes naturels consommaient 2,5 g de protéines par kg de masse corporelle par jour — soit près du double des 1,4 g/kg des sujets témoins — et pourtant leurs volumes d'organes étaient statistiquement indiscernables de ceux des témoins. Les utilisateurs d'APEDs, qui consommaient 2,9 g/kg de protéines, présentaient des organes considérablement hypertrophiés : le volume cardiaque moyen était de 1,20 L contre 0,83 L chez les témoins, et le volume hépatique moyen de 2,57 L contre 1,79 L. La masse maigre et le volume musculaire suivaient le même schéma, les utilisateurs d'APEDs dépassant significativement les deux autres groupes.
Les implications sont cliniquement significatives. Un apport élevé en protéines — même à des niveaux bien supérieurs aux recommandations habituelles — ne semble pas être à l'origine d'une hypertrophie des organes. Les cliniciens évaluant des athlètes présentant une organomégalie devraient considérer l'utilisation d'APEDs comme l'étiologie principale. Pour le grand public, ces résultats sont rassurants : les régimes riches en protéines ne sont pas intrinsèquement néfastes pour la taille des organes.
Les réserves incluent la faible taille de l'échantillon — 15 sujets par groupe —, le protocole transversal qui ne permet pas d'établir de causalité, ainsi que le recours aux déclarations auto-rapportées concernant l'utilisation d'APEDs et les apports alimentaires. Ce résumé est basé uniquement sur l'abstract, le texte intégral n'étant pas disponible.
Principales conclusions
- Natural bodybuilders eating 2.5 g protein/kg/day showed no organ enlargement versus controls.
- APED-using bodybuilders had hearts ~44% larger and livers ~43% larger than controls.
- High protein intake alone does not cause visceromegaly in resistance-trained men.
- APED use was associated with significantly greater lean mass (87.8 kg vs 72.7 kg vs 62.8 kg).
- MRI objectively confirmed organ hypertrophy is a drug effect, not a dietary or training effect.
Méthodologie
Étude transversale portant sur 45 hommes (15 par groupe) utilisant l'IRM pour quantifier les volumes de muscle squelettique et d'organes viscéraux, ainsi que le DEXA pour évaluer la masse maigre. Les apports alimentaires ont été recueillis via des journaux alimentaires sur 7 jours et l'utilisation d'APED a été auto-déclarée par les participants. Les groupes étaient appariés par âge (moyennes de 29 à 31 ans) afin de minimiser les facteurs de confusion.
Limites de l'étude
La conception transversale ne permet pas d'établir de lien de causalité, et la taille de l'échantillon de 15 participants par groupe limite la puissance statistique et la généralisabilité des résultats. L'utilisation autodéclarée des APED et les apports alimentaires déclarés par les participants introduisent un biais potentiel de mémorisation et de désirabilité sociale. Ce résumé est basé uniquement sur l'abstract, le texte intégral n'étant pas disponible pour examen.
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