Une consommation plus élevée de glutamate associée à un risque accru de cardiopathie coronarienne dans une étude portant sur 108 000 personnes
Une grande cohorte prospective française révèle que le glutamate d'origine additive alimentaire et naturelle augmente le risque de coronaropathie, soulevant des interrogations sur le MSG et l'alimentation.
Résumé
Une étude prospective portant sur plus de 108 000 adultes français suivis pendant près de huit ans a révélé que des apports plus élevés en glutamate — qu'il provienne d'additifs alimentaires comme le MSG ou qu'il soit naturellement présent dans les aliments — étaient indépendamment associés à un risque accru de coronaropathie (CHD) et de maladies cardiovasculaires (CVD) dans leur ensemble. Chaque apport supplémentaire de 200 mg par jour de glutamate en tant qu'additif alimentaire augmentait le risque de CHD de 5 %, tandis qu'un taux plus élevé d'acide glutamique naturellement présent était associé à une augmentation de 13 % par incrément de 3 000 mg par jour. Ces associations ont été observées pour la CHD et la CVD, mais pas pour les maladies cérébrovasculaires. Ces résultats remettent en question l'hypothèse selon laquelle le glutamate aux doses alimentaires courantes serait totalement sans danger pour le cœur, et suggèrent que cette relation mérite un examen plus approfondi, tant dans les recommandations de santé publique que dans la pratique de la nutrition clinique.
Résumé détaillé
Le glutamate — l'acide aminé à l'origine de la saveur umami et constituant de base du MSG — a longtemps été considéré comme sûr aux niveaux d'exposition alimentaire habituels. Cependant, un nombre croissant de données expérimentales laisse entrevoir une cardiotoxicité potentielle à des doses plus élevées. Cette grande étude prospective issue de la cohorte NutriNet-Santé est la première à examiner séparément le glutamate en tant qu'additif alimentaire et l'acide glutamique d'origine naturelle en lien avec les événements cardiovasculaires.
Les chercheurs ont suivi 108 932 adultes français (79,3 % de femmes, âge moyen 42,4 ans) de 2009 à 2023. Les participants ont rempli des rappels alimentaires répétés sur 24 heures — jusqu'à 84 par personne — détaillant les marques d'aliments industriels consommés. L'exposition au glutamate a été quantifiée à l'aide de bases de données de composition et d'analyses en laboratoire, puis mise en relation avec les cas incidents de maladies cardiovasculaires (MCV), de cardiopathies coronariennes (CHD) et de maladies cérébrovasculaires (CVA) via des modèles de Cox multivariés.
Sur une durée médiane de suivi de près de huit ans, 2 397 cas de MCV, 1 113 cas de CVA et 1 284 cas de CHD ont été diagnostiqués. Chaque incrément de 200 mg par jour de glutamate en tant qu'additif alimentaire était associé à un risque de CHD supérieur de 5 % (HR 1,05, IC 95 % 1,01–1,09). L'acide glutamique d'origine naturelle était associé à un risque de CHD supérieur de 13 % par incrément de 3 000 mg par jour (HR 1,13, IC 95 % 1,03–1,25), et le glutamate total à une augmentation de 15 % (HR 1,15, IC 95 % 1,05–1,26). Les associations pour les MCV globales étaient également significatives pour le glutamate naturel et total. À noter qu'aucune association n'a été observée pour les maladies cérébrovasculaires.
Ces résultats concordent avec les données expérimentales suggérant que le glutamate module la fonction cardiaque à des doses physiologiques et pourrait perturber la régulation de la fréquence cardiaque à des expositions plus élevées. La nature dose-réponse des associations renforce la plausibilité biologique.
Des réserves importantes s'imposent : il s'agit d'une étude observationnelle unique, un facteur de confusion résiduel ne peut être exclu, et la causalité ne peut être établie. La cohorte est majoritairement féminine et ses résultats peuvent ne pas être généralisables à l'ensemble de la population. Ce résumé est basé sur l'abstract uniquement.
Principales conclusions
- Each 200 mg/day more food additive glutamate (MSG) raised coronary heart disease risk by 5%.
- Naturally occurring glutamic acid at higher intakes raised CHD risk by 13% per 3,000 mg/day increment.
- Total glutamate intake was associated with 15% higher CHD risk and 10% higher overall CVD risk.
- No significant association was found between any glutamate form and cerebrovascular disease risk.
- Associations held for both food-additive and naturally occurring glutamate, implicating the molecule itself.
Méthodologie
Cohorte prospective de 108 932 adultes (NutriNet-Santé, France, 2009–2023) avec des rappels alimentaires de 24 heures répétés (moyenne de 21 rappels par participant) pour évaluer l'exposition au glutamate. Des modèles de Cox à risques proportionnels multivariables ont été utilisés pour évaluer l'exposition au glutamate dépendante du temps par rapport aux événements incidents de maladies cardiovasculaires (MCV), de cardiopathies coronariennes (CC) et d'accidents vasculaires cérébraux (AVC), sur un suivi médian de 7,92 ans.
Limites de l'étude
Il s'agit d'une étude observationnelle unique ; un résidu de confusion lié à la qualité de l'alimentation, à la consommation de sodium et à la consommation d'aliments ultra-transformés ne peut être totalement exclu. La cohorte est composée à 79 % de femmes, majoritairement françaises et volontaires soucieuses de leur santé, ce qui limite la généralisabilité des résultats. Le résumé est basé uniquement sur l'abstract, le texte intégral de l'article n'étant pas en libre accès.
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