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Bimagrumab associé au sémaglutide : une perte de poids supérieure à celle du sémaglutide seul dans un essai de phase 2 sur l'obésité

Chez 507 adultes obèses, l'ajout de bimagrumab, un anticorps qui préserve la masse musculaire, au sémaglutide a entraîné une perte de poids de 17,8 kg à 48 semaines, contre 14,2 kg avec le sémaglutide seul.

jeudi 22 octobre 2026 2 vues
Publié dans Nat Med
Molecular model of a Y-shaped antibody binding an activin receptor on a muscle cell, with fat droplets dissolving nearby

Résumé

La plupart du poids perdu sous médicaments contre l'obésité correspond à de la graisse, mais environ 25 à 40 % provient de tissus maigres, comme les muscles. Le bimagrumab est un anticorps qui bloque les récepteurs de l'activine de type II, ce qui favorise la perte de graisse et la croissance musculaire. Cet essai de phase 2 (BELIEVE) a randomisé 507 adultes obèses pour recevoir un placebo, du bimagrumab, du sémaglutide ou des associations pendant 48 semaines, suivies d'une extension jusqu'à la semaine 72. À la semaine 48, la variation moyenne du poids était de −3,3 kg avec le placebo, de −9,3 kg avec le bimagrumab à forte dose, de −14,2 kg avec le sémaglutide 2,4 mg et de −17,8 kg avec l'association à forte dose. Les auteurs rapportent que l'association a préservé la masse maigre tout en réduisant la graisse viscérale. Le bimagrumab a été associé à des spasmes musculaires, à des diarrhées et à de l'acné, ainsi qu'à un plus grand nombre d'arrêts de traitement dus aux effets indésirables que dans les autres groupes.

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Résumé détaillé

<p>On estime que l'obésité touchera près de 3,3 milliards d'adultes d'ici 2035. Les médicaments à base d'incrétines, comme le semaglutide, entraînent une perte de poids importante, mais environ 25 à 40 % du poids perdu peut correspondre à des tissus maigres, notamment le muscle squelettique et les organes. Cela compte pour la fonction physique et la santé métabolique, en particulier chez les personnes déjà exposées à un risque de faible masse musculaire. Les traitements qui maximisent la perte de graisse tout en préservant le muscle suscitent donc un vif intérêt.</p>

<p>Le bimagrumab est un anticorps monoclonal entièrement humain qui bloque les récepteurs de l'activine de type II (ActRIIA et ActRIIB), empêchant ainsi la signalisation de la myostatine et de l'activine. Dans le muscle, cela a des effets anabolisants. Dans le tissu adipeux, il semble augmenter la lipolyse et la mobilisation des lipides, réduisant ainsi la masse grasse. Il ne semble pas modifier la prise alimentaire, de sorte que son mécanisme complète celui des incrétines, qui réduisent l'appétit. Une étude de phase 2 antérieure chez des adultes atteints d'obésité et de diabète de type 2 avait montré une réduction de la masse grasse, de la graisse viscérale et de la graisse hépatique, ainsi qu'une augmentation de la masse maigre.</p>

<p>BELIEVE était un essai de phase 2 en double aveugle, contrôlé par placebo, mené de novembre 2022 à mai 2024. Il a randomisé 507 adultes obèses (IMC ≥30, ou ≥27 avec au moins une complication liée à l'obésité ; diabète exclu) à parts égales dans neuf groupes d'environ 56 personnes chacun. Les groupes ont reçu un placebo, du bimagrumab (10 ou 30 mg/kg par voie intraveineuse toutes les 12 semaines), du semaglutide (1,0 ou 2,4 mg par semaine), ou l'une des quatre combinaisons bimagrumab–semaglutide. La randomisation était stratifiée selon le sexe. Le traitement a duré 48 semaines, suivi d'une extension en ouvert jusqu'à la semaine 72. Les participants avaient en moyenne 47,5 ans et pesaient 107,5 kg (IMC 37,3), et 57,4 % étaient des femmes. Environ 74 % ont terminé la semaine 48.</p>

<p>Le critère d'évaluation principal était la variation absolue du poids à la semaine 48. Les variations moyennes par les moindres carrés étaient de −3,3 kg pour le placebo, −9,3 kg pour le bimagrumab 30 mg/kg, −14,2 kg pour le semaglutide 2,4 mg et −17,8 kg pour la combinaison à forte dose, avec P<0,001 par rapport au placebo dans tous les cas. La combinaison a donc fait perdre environ 3,6 kg de plus que le semaglutide 2,4 mg seul. Le poids a continué de s'améliorer jusqu'à la semaine 72. Les auteurs rapportent également que la combinaison a préservé la masse maigre tout en réduisant la graisse viscérale. Les événements indésirables associés au bimagrumab comprenaient des crampes musculaires, de la diarrhée et de l'acné. Ceux associés au semaglutide étaient des nausées, de la diarrhée, de la constipation et de la fatigue. Les arrêts pour événements indésirables étaient les plus fréquents avec le bimagrumab seul (14,0–21,4 %), contre 3,6–8,8 % avec le semaglutide, 5,3–12,5 % avec les combinaisons et 3,6 % avec le placebo. Globalement, la sécurité était cohérente avec les profils connus des deux médicaments.</p>

<p>Ces résultats suggèrent que cibler la signalisation de l'activine en association avec un traitement par incrétines pourrait améliorer la qualité de la perte de poids, et pas seulement sa quantité. Des réserves importantes s'imposent : il s'agit d'une étude de phase 2, les groupes étaient de petite taille, le promoteur était Eli Lilly et le bimagrumab est un médicament expérimental. Les bénéfices fonctionnels de la préservation musculaire, comme la force et la mobilité, ainsi que la tolérance de la combinaison, doivent être évalués dans des essais de phase 3 plus vastes et plus longs. Ce résumé s'appuie sur le résumé de l'article et sur les sections de résultats disponibles ; les données détaillées sur la composition corporelle et les critères secondaires n'y sont donc pas reproduites.</p>

Principales conclusions

  • At week 48, the high-dose combination (bimagrumab 30 mg/kg + semaglutide 2.4 mg) reduced weight by 17.8 kg versus 14.2 kg with semaglutide alone.
  • Bimagrumab 30 mg/kg alone reduced weight by 9.3 kg versus 3.3 kg with placebo (P<0.001), without any incretin.
  • Weight reductions continued through the week-72 open-label extension, and the combination preserved lean mass while reducing visceral fat.
  • Discontinuation for adverse events was highest with bimagrumab alone (14.0–21.4%) versus 3.6–8.8% for semaglutide and 5.3–12.5% for combinations.
  • Bimagrumab was associated with muscle spasms, diarrhea and acne; semaglutide with nausea, diarrhea, constipation and fatigue.

Méthodologie

BELIEVE était un essai de phase 2 randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, mené chez 507 adultes en situation d'obésité, répartis selon un ratio 1:1:1:1:1:1:1:1:1 en neuf groupes et stratifiés selon le sexe. Les participants ont reçu un placebo, du bimagrumab (10 ou 30 mg/kg par voie intraveineuse toutes les 12 semaines), du sémaglutide (1,0 ou 2,4 mg par semaine) ou des associations, pendant 48 semaines, avec une extension en ouvert jusqu'à la semaine 72. Le critère d'évaluation principal était la variation absolue du poids corporel à la semaine 48, et le critère secondaire était la variation à la semaine 72.

Limites de l'étude

Il s'agissait d'un essai de phase 2 comptant environ 56 participants par groupe et financé par le promoteur (Eli Lilly) ; les résultats doivent donc être confirmés par des études de phase 3 de plus grande envergure. Les participants atteints de diabète ont été exclus, la population était majoritairement blanche (75 %), et le taux élevé d'arrêts de traitement dus à des événements indésirables avec le bimagrumab (ainsi qu'environ 26 % de non-achèvement à la semaine 48) peut limiter l'interprétabilité des résultats. On ne sait pas encore si la préservation de la masse maigre se traduit par une meilleure force, une meilleure fonction ou de meilleurs résultats à long terme. Ce résumé repose sur l'abstract et sur les parties du texte intégral disponibles ; les données détaillées sur la composition corporelle et les critères d'évaluation secondaires n'ont donc pas été examinées.

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